Pêle-Mêle

Notre association soutenue par Patrick Bruel

Soutien Patrick Bruel Visionner l'extrait du concert :


Notre association invitée dans l'émission "Les Maternelles" du vendredi 16 mars 2011 sur France 5 ;

Un reportage également réalisé sur nos accompagnements.


Consulter le schéma des activités d'Enjeux d'Enfants



Lettre_2011_2 [lettre_1_mars2011]

Automne 2011

La lettre d'enjeux d'enfants
Parents en prison, parents quand même

Édito

L’association continue à vivre, parfois même à 100 à l’heure. Comme nous l’avions prévu, l’activité se développe, ce n’est pas étonnant puisque le nombre de détenus sur notre secteur d’intervention a beaucoup augmenté, le nombre de demandes de pères incarcérés sur le centre pénitentiaire de Rennes Vezin étant notamment en nette progression depuis la fin de l’année 2010.

Nous avons également été sollicités pour élargir nos interventions sur le Morbihan. Nous avons commencé à réfléchir sur la façon de réguler toutes ces demandes avec les moyens actuels. Liste d’attente ? Différer nos réponses ? Mettre de côté nos actions collectives ? etc… Aucune solution n’est satisfaisante. Nous devons malgré cette situation rester créatifs et sensibles aux nouveaux besoins. Heureusement, nous avons une équipe de salariées et d’intervenants bénévoles très motivée, je tiens vraiment à profiter de cette occasion pour les remercier.

Nos actions n’ont de sens que si elles se construisent dans une évaluation la plus objective possible des besoins, en lien avec tous les autres partenaires engagés auprès de la population carcérale. Si nous tenons à rester libres du contenu de nos interventions dans le respect des intérêts des enfants et de leur parent incarcéré, c’est-à-dire travailler en dehors d’un mandat, nous nous engageons à une qualité de nos interventions et à la mise en œuvre des relations partenariales importantes dans lesquelles la place de chacun doit être respectée. Cette année nous avons resserré les liens avec les partenaires associatifs locaux, Arc en ciel et Ti Tomm. Le partenariat avec tous les personnels de l’administration pénitentiaire, particulièrement les CPIP est encore plus important pour mettre en place des actions collectives. Aujourd’hui il est souvent difficile de construire ce partenariat auprès des personnels de l’administration pénitentiaire, CPIP, surveillants. Leur contexte de travail est difficile et particulièrement chez les conseillers d’insertion chez qui un manque de moyens est évident. C’est dans ce sens et en solidarité avec eux que nous avons, avec Arc en ciel et Ti Tomm, envoyé un courrier au garde des sceaux. Celui-ci est resté sans réponse.

Malgré nos inquiétudes permanentes quant à notre gestion financière, nous apprécions beaucoup de pouvoir continuer à recevoir des subventions de nos partenaires financiers, nous connaissons les réalités budgétaires de chacun, mais il nous semble absolument nécessaire que les besoins des enfants séparés de leur parent incarcéré et la responsabilisation de leurs parents soient pris en compte par les collectivités locales. Nous restons très mobilisés pour continuer à les solliciter, et nous nous engageons à une transparence non seulement de notre gestion mais aussi de notre activité. Je tenais particulièrement à remercier la Fédération Bretonne des CAF qui non seulement a pris en compte nos besoins, mais qui est aussi est le seul financeur à s’engager sur des subventions pluriannuelles.

Enfin, nous avons adhéré à l’UFRAMA, et nous envisageons de travailler le plus possible en lien avec eux, cette fédération nationale étant très proche de la population carcérale et de leurs familles. Leurs enquêtes régulières auprès de ces familles témoignent de la réalité et des difficultés qu’elles rencontrent.

Il est à noter que le rapport annuel 2010 de Jean-Marie Delarue, Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté, fait également état, dans son chapitre 4, de cette situation de façon très illustrée et précise (cf : rubrique « C’est dit » de cette lettre d’information). Le partenariat est absolument nécessaire à la vie de notre association Il est parfois difficile à mettre en œuvre, exigeant, et toujours à construire, mais quelle richesse quand cela fonctionne, tant pour les usagers que pour les intervenants !

Le partenariat est une garantie au non-enfermement.

Guy Le Marié, président d’Enjeux d’Enfants.

Sommaire

Rencontre avec...

Pascale, intervenante à Enjeux d’Enfants

Outre le conseil d’administration qui définit la politique de l’association et deux professionnelles extérieures qui interviennent pour la formation et la supervision, le noyau dur des quatre salariées d’Enjeux est renforcé par une vingtaine d’intervenants bénévoles venant d’horizons très divers. Leur mission : accompagner l’enfant et le parent incarcéré dans leur relation. Depuis un an, Pascale Communier a rejoint l’équipe.

Comme souvent, le hasard a fait les choses : mère de deux jeunes enfants et ayant décidé de suspendre son activité professionnelle, Pascale Communier découvre Enjeux d’Enfants en bavardant avec la mère d’un copain de ses enfants. « C’est une ancienne éducatrice de l’association. Elle la connaît donc très bien. Elle a su trouver les mots, a parlé de la formation dispensée par Enjeux. Tout ce qu’elle m’a dit m’a immédiatement passionnée. Elle l’a senti et m’a donné le numéro d’Enjeux aussitôt », raconte la jeune femme. Reste que cette dernière mettra quatre mois avant d’appeler : « N’ayant aucune expérience, je craignais que l’on ne me prenne pas au sérieux, que je n’aie pas ma place. Je ne connaissais rien à la prison, je n’avais pas d’intérêt spécifique pour le monde judiciaire. Je suis certaine que si j’avais lu un article de journal sur l’association, cela n’aurait pas suffi », se souvient-elle. En fait, Pascale Communier accroche parce qu’il s’agit d’enfants et parce qu’elle pense que « nous sommes le résultat de nos ancêtres ». En décembre 2009, elle téléphone à Marine Boudier, directrice d’Enjeux d’Enfants, qui l’invite au colloque organisé sur ce sujet deux mois plus tard. « J’ai adoré, ça m’a passionnée. Du coup, j’ai lu les actes du précédent colloque », se souvient-elle, enthousiaste.

Quelle légitimité ?

L’automne suivant, le rendez-vous avec Marine Boudier conforte ses premières impressions et le déjeuner avec l’équipe enlève les quelques doutes quant à sa capacité à devenir intervenante. « Une fois que j’ai eu mis les pieds à l’association, les questions sur ma place, ma légitimité se sont envolées », sourit-elle aujourd’hui. Pascale décide donc de suivre la formation dispensée par Enjeux. « J’étais disponible et très motivée, ça a été relativement rapide », précise-t-elle. Au programme : visite de la prison des femmes puis plus tard découverte in situ d’un atelier proposé par l’association, initiation aux procédures administratives, accompagnement de bénévoles dans une famille (« seulement le trajet en automobile avec l’éducatrice référente afin d’assister au debriefing à chaud mais aussi de mesurer le temps que prend une rencontre avec un parent ou son enfant », souligne-t-elle), rencontre avec une éducatrice et une intervenante à l’occasion d’un point sur la situation d’une famille, deux jours et demi de formation et rendez-vous avec Nathalie Woog de Cacqueray, formatrice à Enjeux. « A partir de novembre, j’ai été conviée aux réunions de supervision. J’ai vu comment Nathalie mais aussi la discussion entre intervenants et équipe salariée permettait d’éclaircir, voire de débloquer une situation. Pour moi, ça a été très rassurant de voir que tout n’était pas simple mais qu’on pouvait en parler et trouver des solutions, que le groupe fonctionnait », apprécie-t-elle.

L’appui de l’équipe

En décembre, Enjeux la prévient qu’un suivi va lui être confié. « J’étais à la fois impatiente et inquiète. Je m’attendais à ce que la prison me fasse quelque chose, mais non, bizarrement, le lieu n’agit pas sur moi », s’étonne-t-elle. En revanche, Pascale est surprise du jeune âge du père de famille qu’elle rencontre et qu’elle va devoir accompagner. « J’avais fait connaissance avec sa fille avant. Cet homme est dans le déni total de sa responsabilité. Cela étant, je ne me suis pas sentie du tout dominée par lui », confie Pascale. Il est vrai que pour cette première rencontre, Valérie Troadec, éducatrice spécialisée et salariée d’Enjeux est à ses côtés.

Aujourd’hui, Pascale accompagne la petite fille au parloir à raison d’une fois par mois et voit son père en tête à tête environ une fois tous les deux mois. « C’est extrêmement intéressant. Je pense que nous aidons vraiment cette enfant qui avant notre intervention, supportait mal les deux parloirs hebdomadaires que lui imposaient son père et ses grands-parents paternels. Elle commence à prendre des initiatives de son âge sur des sujets que jusqu’à présent, elle gardait pour elle », apprécie Pascale. Ainsi, la fillette peut-elle aujourd’hui parler de sa demi-sœur, née depuis l’incarcération de son père. « Il ne voulait pas en entendre parler, disant que « ça ne l’intéressait pas » . Quand je l’ai revu en tête à tête, j’ai évoqué cette question : Comment pouvait-il prétendre s’intéresser à son enfant s’il ne pouvait pas entendre certaines choses, comme la naissance de cette petite sœur ? Maintenant, elle peut et il l’écoute », résume Pascale Communier.

Et puis, mine de rien, Pascale a montré à ce père comment jouer avec son enfant lorsqu’ils se retrouvent au parloir. « Je sais que lorsque la petite fille va au parloir avec ses grands-parents, il n’est question que de l’affaire du père, jamais d’elle », constate-t-elle.

Restent les difficultés rencontrées lors des suivis : « Un jour, en sortant de la maison d’arrêt, j’étais très en colère contre le père. Je suis passée à Enjeux pour en discuter avec Valérie Troadec, ma référente sur cette famille. Cela m’a fait énormément de bien, elle m’a amenée à prendre le recul nécessaire ». Et de conclure : « Et puis, il y a les moments de supervision. Pour l’instant, je n’ai pas ressenti la nécessité d’évoquer une situation que je suis. Mais si cela me semble nécessaire, je sais que l’équipe m’aidera ».

Entretien mené par Nathalie Bougeard

Arrêt sur...

Ateliers « Pères en prison, pères quand même ! »
Centre pénitentiaire de Ploemeur, 21 – 23 – 28 et 30 juin 2011

L’action

Nous avons fait évoluer et étoffé le contenu de nos « ateliers parentalité » auprès des pères de divers établissements, et avons mené ce projet sous sa forme actuelle (en proposant notamment une 4ème séance de 2h) au Centre pénitentiaire de Ploemeur en juin dernier. Le programme est détaillé dans la plaquette ci-joint.

Un partenariat très constructif et soutenu avec le SPIP a permis que le projet soit pensé et mis en place rapidement, et que les pères aient accès de manière claire à l’information (affiches en détention, plaquettes remises par les CPIP).

6 pères ont ainsi pu s’inscrire et participer, en s’engageant au préalable à venir à l’ensemble des séances, aux 4 ateliers proposés.

Marine BREHIER, éducatrice de l’association, et Valérie HEMMER, intervenante bénévole, ont été les "fils rouges" de cette session, en participant et animant l’ensemble des rencontres.

Les situations des pères rencontrés présentaient cette fois-ci une particularité : un d’entre eux allait devenir père dans les mois à venir, et la plupart des autres pères ne rencontraient pas ou plus, pour des raisons diverses, leurs enfants en parloirs, avec la plupart du temps des situations de conflits conjugaux importants, et de rupture de la relation avec leurs enfants.

Il a donc fallu adapter les interventions et penser avec eux les choses dans la durée.

Les évolutions

En plus de l’intervenante juridique et de l’éducateur de jeunes enfants, qui participaient déjà sur les précédentes sessions (à St Malo et St Brieuc), nous avons cette fois organisé l’intervention d’Isabelle Müller, thérapeute et directrice de l’association « Temps thé des parents » (Ecole des parents).

A l’occasion de son atelier, les pères ont pu, avec elle et les intervenantes d’Enjeux d’Enfants, mettre en scène concrètement des situations qui valorisent l’écoute des sentiments difficiles de leurs enfants, et plus largement sur l’ensemble des ateliers, échanger sur les questions d’autorité (parentale, éducative), l’éducation qu’ils donnent, les mots utilisés avec leurs enfants…

« Est-ce que ce que je fais avec mon fils, l’attitude que j’ai a une incidence sur le caractère de mon enfant ? »
Ronan, incarcéré en Maison d’arrêt, 1 enfant.

Une des évolutions de ce projet a également consisté à proposer, dès la première rencontre, de revoir les pères qui le souhaiteraient à l’issue du projet, la semaine suivante. L’objet de ces rencontres étant d’éclaircir de manière plus individuelle leurs démarches juridiques au niveau de leurs droits et devoirs en tant que parents, autorité parentale, etc…

4 des 6 pères en ont fait la demande, et ont pu manifester auprès de Marine Bréhier et Catherine Hazo (maître en droit et intervenante sur les aspects juridiques à Enjeux d’Enfants), leur satisfaction d’avoir participé à ce groupe. Ils ont également pu obtenir les informations nécessaires à éclaircir leurs situations personnelles, et à les orienter pour la suite, avec quand nécessaire un relais vers le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation.

Les projets

Nous sommes actuellement soutenus dans ce projet par la Fondation Haussmann, ce qui nous permet d’envisager encore la mise en place de plusieurs sessions sur différents établissements pour hommes : Saint Brieuc, peut être Caen, Vannes ?

En tout état de cause, le projet s’est réellement étoffé, et demande une mobilisation très importante de la part de l’ensemble des intervenants, durant le projet, mais aussi dans sa préparation et après les sessions. Nous les remercions donc très vivement, pour l’engouement et le professionnalisme dont ils font preuve dans cette action et nous souhaitons pouvoir développer ce projet dans les divers établissements pénitentiaires dans lesquels nous sommes engagés.

Pour en savoir plus, télécharger la plaquette >

Agenda

Le(s) secret(s) / Secret professionnel, secret partagé, secret de famille…
Le professionnel face au secret.
Les 19, 20 et 21 mars 2012
Ou
Les 1er, 2 et 3 octobre 2012

Deux sessions de 3 jours autour de la thématique du secret sont en préparation.

La formation va conjuguer les réalités et interrogations de chacun et l’élaboration de repères théoriques. Pour cela, nous attendons des stagiaires qu’ils viennent à la formation avec, en tête, des situations à partager avec le groupe et des attentes qu’ils pourront présenter en début de formation. Nous approfondirons certains apports en fonction de ces éléments.

PUBLIC :
Intervenants, professionnels ou bénévoles, de l’Administration pénitentiaire, Protection de l’enfance, membres associatifs, institutions diverses ayant en charge le suivi, l’accompagnement ou l’accueil de public, et concernés par la question du secret dans l’exercice de leur fonction.

Merci de nous indiquer votre éventuel intérêt pour cette formation par le biais de l'onglet "Contact", vous recevrez bientôt davantage d'informations.

Pour nous contacter >

Les Journées Nationales des Prisons
Du 21 novembre au 27 novembre 2011

Comme chaque année, un peu partout en France, se tiendront des événements organisés par des collectifs d’associations locales oeuvrant dans le domaine carcéral.

Cette année, les 18èmes JNP auront lieu au niveau national du 21 novembre au 27 novembre 2011,
et ont retenu pour thème la mission de réinsertion sociale assignée à la prison.

Seront donc mis en débat les moyens mis en œuvre pour la rendre effective : formations professionnelles, programmes d’enseignement, activités culturelles et travail.

Pour en savoir plus, télécharger le dossier de presse des 18èmes JNP >

Les Journées Nationales des Prisons / "Le travail et les activités en détention et hors détention"
Novembre 2011 - Programme Rennes

Le collectif d’associations des JNP regroupe à Rennes : Arc en Ciel, Génépi, Aumônerie catholique, Enjeux d’Enfants, Secours Catholique, OIP, Ti Tomm, AJU, Croix Rouge , ANVP, Aumônerie Musulmane

 
Le Vendredi 18/11 à Villejean et le samedi 19/11 place de la Mairie :
Présence des associations du collectif à l’intérieur d’un bus, dans lequel vous pourrez échanger sur le thème de la prison, poser des questions, obtenir des informations auprès des représentants associatifs œuvrant dans le milieu carcéral.

Le mardi 22/11 à la Maison des associations - 20h30 :
Soirée débat sur le thème du travail en détention et à l’extérieur.
Intervenants :
Isabelle BERNARD, Directrice du chantier extérieur du centre d'insertion Morbihanais à Bubry
M. Olivry, Responsable GEPSA au CP des Hommes à Vezin
M. Blot, Directeur ENVIE 35 : formation et emploi dans le CPH et hors détention
Centre d'appel Webhelp : Entreprise privée au centre pénitentiaire des femmes (sous réserve)
Philippe Fournier, Directeur SPIP au CPH
Gabriel Mouesca, ancien Président OIP et ancien détenu

Le vendredi 25/11 à la Maison des associations - de 20h30 à 22h30 :
Conférence-débat avec Etienne Noël, avocat spécialiste en droit pénal et conditions de détention (OIP),  sur le thème de "l'obligation d'activité" et Catherine Glon, avocate spécialiste en droit pénal et en droit des personnes (AJU).
Michel Tanneau (journaliste Ouest France) animera le débat.

 

« Regards croisés sur le déni de grossesse »
Les 24 et 25 novembre 2011 à l'UPEC (Université Paris Est Créteil Val de Marne)

3ème colloque français sur ce thème, organisé par l’AFRDG (Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse)

De nombreux professionnels (psychiatres, psychologues, médecins, mais aussi ethnologue, journaliste ou encore professionnels de la justice) interviendront en déclinant cette thématique sous différents angles, notamment « déni de grossesse et justice », « déni de grossesse et société » , etc.



Contact : ngomez@afrdg.info
Site : www.afrdg.info

« Ces histoires qui nous façonnent », L’éveil du sens, entre mémoire et oubli
Les 24 et 25 novembre 2011

Comme chaque année, l’association Parole d’Enfants organise un congrès international à l’UNESCO.

« Comment aider les personnes fracassées par l'existence à revisiter leur histoire (avec ses zones d'ombre, ses douleurs, ses inconnues) pour se raconter un récit « intelligible et acceptable » à propos de ce qu'elles ont vécu ? Comment aider des enfants sans racines à glaner des éléments de leur histoire dont ils pourront faire un roman ? Comment, en tant que thérapeute, aider nos clients à élaborer des récits au pouvoir libérateur ? Quelles sont les articulations entre histoire personnelle, familiale et sociale ? Quelle liberté pour l'individu ? Autobiographie, travail de mémoire, récit de vie, journal intime, mémoires, etc. En quoi le fait de raconter son histoire peut-il être salvateur ? N'est-ce vraiment qu'un phénomène de mode ou cela répond-il à un besoin profond de l'être humain ? »

Ce congrès s'adresse aux professionnels de la relation d'aide (éducateurs, assistants sociaux, psychologues, médecins, infirmiers, juristes, etc.) qui ont pour mission d'accompagner des enfants, des adultes, des familles aux prises avec une histoire difficile.

Contact : info@parole.be
Site : www.parole.be

 

On travaille sur...

Des jeux en parloirs !

Pourquoi équiper les parloirs ?

Le milieu carcéral est un monde d’adulte.
Pourtant, des enfants sont contraints de s’y confronter quand un de leurs parents s’y trouve condamné.
Les occasions de rencontres se nomment dès lors « Parloirs » : une durée imposée, un espace restreint (sur une chaise, en face à face) et souvent partagé par d’autres familles.

Ces conditions de visite mettent l’enfant à l’épreuve d’émotions complexes et difficiles.
Nous avons à cœur, à chaque fois que c’est possible, d’améliorer ces temps de rencontres en aménageant des espaces spécifiques et en mettant à disposition des jeux et des jouets adaptés aux enfants.

Le jeu, au milieu de ces contraintes fortes, est un élément indispensable et familier pour l’enfant. Il l’aide à dédramatiser la situation, facilite l’échange autour d’une situation difficile et lui permet de mieux vivre cette rencontre.

Faire un puzzle ensemble, partager un repas dînette, raconter une histoire sur les genoux, dessiner ou écrire ses premiers mots, autant de moments rassurant où le parent peut se centrer sur les préoccupations de son enfant.

Etat des lieux :

Le besoin et les possibilités d’équipement dépendent bien sûr des établissements et notamment de leurs configurations. Par exemple, il existe dans la plupart des prisons où nous intervenons, une pièce appelée « parloir éducatif ». Les enfants mineurs peuvent y rencontrer leur parent s’ils sont accompagnés d’un intervenant de notre association ou de tout intervenant en charge de son suivi éducatif.

En 2009 et 2010, nous avons pu, en partenariat avec les SPIP et directions des établissements concernées, aménager ou étoffer l’équipement des parloirs éducatifs du centre pénitentiaire des femmes de Rennes, du Centre pénitentiaire pour hommes de Rennes-Vezin et de la maison d’arrêt du Mans-Les Croisettes.

Nous avons plusieurs fois été soutenus financièrement dans cette démarche par les CAF locales.

En effet, l’aménagement requiert souvent un budget conséquent et recouvre l’achat de jeux adaptés aux enfants de tous âges (jeux petite enfance, mais aussi jeux de société, etc...), de livres variés, de mobilier adapté et de matériel de puériculture (table à langer, transat, etc...)

En 2011, nous avons pu équiper ou ré-équiper les parloirs éducatifs de la Maison d’arrêt de Vannes et de la Maison d’arrêt de Saint Brieuc.

Dans les parloirs « classiques », où la grande majorité des familles se rencontrent, nous évaluons avec les établissements les possibilités offertes par la configuration des lieux, le partenariat avec le personnel de surveillance et le temps possible à dégager pour eux pour distribuer, reprendre et contrôler autant que faire se peut l’état des jeux à la sortie des familles.

Dès que cela est possible au vu de l’ensemble de ces éléments, de nos possibilités financières et des partenariats locaux, nous mettons en place des systèmes adaptés.

Un exemple :

À Saint-Brieuc, où le parloir des familles est un parloir collectif assez exigu, le directeur nous a permis de mettre en service un ensemble de jeux simples, sans piles et sans petits éléments. Quant au coffre de rangement pour les jouets, il a été réalisé en atelier par les détenus.

En amont, nous avons travaillé le projet de mise en place des jeux, avec la Maison d’accueil des familles, qui a porté notre demande commune auprès de l’association culturelle de la maison d’arrêt Celle-ci a donc accepté de financer ces achats et nous les en remercions vivement.

Les projets :

Nous allons prochainement mettre en place, en accord avec les directions des établissements, des jeux et livres à disposition de l’ensemble des familles à la maison d’arrêt de Saint-Malo et au centre pénitentiaire de Ploemeur.

 

C'est dit !

« Les liens familiaux demeurent un enjeu primordial dans le cadre de la vie en détention »
Jean-Marie DELARUE, Contrôleur général des lieux de privation de liberté, rapport annuel 2010

Dans ce rapport, J-M Delarue aborde en détails, au regard de la loi pénitentiaire de 2009 et des textes européens et internationaux, la question du maintien des liens familiaux et son importance primordiale, notamment dans un objectif de réinsertion.

Il décrit également la façon dont « l’exercice des droits au maintien des liens familiaux est soumis à des conditions pouvant en limiter souvent l’effectivité ».

Consulter le rapport 2010 (Chapitre 4 : « Maintien des liens familiaux et personnes privées de liberté ») >

Le chiffre

50 euros

C’est la somme dépensée au minimum par mois par 58% des familles (2 100 personnes au total) interrogées dans le cadre de l’enquête réalisée par l’UFRAMA (union nationale des fédérations régionales des associations de maisons d’accueil de familles et proches de personnes incarcérées) en 2008.

Lire l’enquête >

Ces données, ainsi que d’autres enquêtes, ont donné lieu à un rapport de l’UFRAMA portant sur les conséquences financières pour les familles de personnes incarcérées, et des propositions concrètes au regard des textes internationaux et d’expériences étrangères.

Lire le rapport >

Lectures

L’enfant et son parent incarcéré
Collectif – Fondation pour l’Enfance – Edition ERES, 2003

Écrit en 2003, cet ouvrage collectif réalisé par des spécialistes intervenant en détention et auprès des enfants, soulève des questions qui restent d’actualité : faut-il maintenir les contacts entre l'enfant victime et son parent agresseur ? Quelle est la place de l'enfant de moins de 18 mois dans l'univers carcéral ? Les risques à le maintenir en détention sont-ils moindres que ceux résultant de la séparation maternelle brutale ?

Ils mettent en évidence les conséquences graves de la séparation parentale brutale pour le développement affectif, intellectuel, social de l'enfant.

Dans cet ouvrage, les auteurs dressent un état des lieux de la situation, en mettant en lumière aussi bien les difficultés rencontrées sur le terrain que les progrès réalisés dans la prise en compte de la souffrance des enfants de parents incarcérés.

Paroles de parloirs
Association BD BOUM – Collection Encrages, éditions DELCOURT, 2003

L'association bd BOUM est née en 1984, à Blois, à l'initiative de travailleurs sociaux, d'enseignants et de militants de l'Education Populaire. Dés sa création, le projet associatif s'est démarqué avec une orientation pédagogique. Depuis 1998, le projet éditorial de bd Boum s’appuie sur la bande dessinée comme outil d'information et d'insertion. À travers des témoignages, plusieurs ouvrages ont pu être réalisés, notamment :

« Paroles de parloirs », qui fait suite à deux autres livres sur le milieu carcéral (« Paroles de taule » Ouvrage collectif – 2001 ; et « Paroles de taulards » Ouvrage collectif – 1999).
Il est constitué de courtes histoires, sous forme de bandes dessinées illustrées par divers dessinateurs, et vient témoigner du fait que « la détention ne punit pas que la personne incarcérée ; femmes, enfants, sœurs, frères, parents de la personne incarcérée l’assument également ».

Parloir
texte du spectacle de Pépito Matéo – Collection Conteur en scène, Editions Paradox, 2006

Pour ce spectacle, Pépito Matéo a travaillé à partir de rencontres, d'ateliers d’expression autour de la parole et de captages sonores à la prison de Fresnes.

Il nous emmène dans un voyage saugrenu au coeur de l'univers carcéral, en faisant le récit de ses observations de petite souris cachée dans un dédale de cellules. La prison prend vie et la pièce n'est pourtant jamais glauque. Pépito Matéo choisit de conter l'histoire de ceux qui sont des hommes avant d'être des détenus, avec toujours dans les yeux un petit brin de bienveillance.

Au fil du texte, le spectateur devient lui aussi emmuré dans la boîte noire créée pour le spectacle de l'artiste. Petit à petit, les numéros des détenus deviennent des noms, puis des visages, des hommes, avec toute leur maladresse, leur cruauté, leur humanité.

Les détenus et leurs proches, Solidarités et sentiments à l’ombre des murs
Gwenola Ricordeau - Collection Mutations, Editions Autrement, 2008

Ce livre, tiré d’une thèse de doctorat en sciences sociales, étudie la complexité et la dynamique des relations familiales à l’épreuve de l’incarcération, et plus particulièrement celles des relations conjugales.

« Elle fait dialoguer ici son expérience personnelle et une enquête de terrain réalisée dans cinq établissements pénitentiaires au cours de laquelle elle a mené plus d’une centaine d’entretiens avec des personnes incarcérées et des proches de détenus. Elle raconte le quotidien de ceux qui ont, en partage, la prison : les semaines rythmées par les parloirs et le courrier, mais aussi la vie familiale et conjugale, la sexualité, l’éducation des enfants et les destins sociaux de celles et ceux qui ont, un jour, été confrontés à la prison ».

Les publications de l'association Enjeux d'Enfants

L'association Enjeux d'Enfants édite aussi !

Quelques exemples de nos publications :
« L’incarcération : quelle trace dans l’histoire familiale ? Quels accompagnements pour la personne détenue et sa famille ?» - Actes (CD) du colloque réalisé en 2010 par notre association
« Dis papa, pourquoi tu prisonnes ?» - Recueil de phrases d'enfants de parents incarcérés

Consultez la liste de nos publications >